Montée en pression tout au long de la semaine précédent le sauvetage du 05.07
Vendredi matin, nous partons, Blandine , Charles et moi pour un sauvetage de 18 lévriers Galgos et un périple de 2 600 kms en deux jours !
Inquiétudes et questions en tout genre dans ma tête.
D’emblée discussions passionnantes sur la vie de ces chers lévriers, sur des cas particuliers de sauvetage. Certains chiens aussi, lourdement handicapés, qui trouvent un maître aimant et attentionné, leur alter égo humain en somme.
Sensibilité de ces êtres qui attendent le regard, la compréhension, la patience de l’homme après tant de souffrances barbares.
Nous sommes en 2008 et les mentalités stagnent.
Un appel de détresse arrive pour une Galga échappée. La solidarité se met en place automatiquement et une chaîne d’entraide s’organise.
Blandine rassure au téléphone et voici Alex de retour. Tout s’apaise à nouveau dans la voiture.
La photo de Jaïna, ma petite Galga trône à mes côtés dans la voiture. Je vais la récupérer au refuge. Geste incontournable pour elle et moi que cette rencontre sur place et qu’elle comprenne que nous ne ferons qu’un au premier regard.
Une seule nuit et nous serons ensemble.
Me voilà propulsée dans une belle aventure humaine et canine.
1er arrêt, café/cigarette ; 2 H 30 que nous sommes partis vers l’inconnu pour moi.
Nouvel appel. Une adoption récente et la famille d’accueil éprouvée par ce départ. Ces lévriers seraient-ils aussi attachants que les dires de Charles ?.............
Nous prenons les grands axes pour aller en Espagne pour éviter tous risques des petites routes. A ce moment je ne comprends pas encore la tension qui va monter pour récupérer ces Galgos/Galgas par rapport à la mentalité des galguéros.
Les sauvetages ne sont jamais divulgués à l’avance. Plus tard je serai confrontée directement aux risques pour nos Galgos.
A mi chemin, je suis en apnée jusqu’au moment où enfin Jaïna sera à mon contact.
Arrivés à destination, épuisés. Dîner tardif. Un bénévole nous ouvre les portes de sa maison pour un repos salutaire.
Samedi ; la rencontre imminente et le cœur en vrac. Comment cela va-t-il se passer entre nous ?
Le refuge, les Galgos et ses bénévoles. « Révérence » pour ces bénévoles dévoués à cette cause.
Jaïna est lâchée, apeurée dans un endroit à l’écart pour notre rencontre. Je ne sais si je dois aller vers elle, ne pas la brusquer puis « les bras » mon cœur contre le sien et la sortie en laisse à l’extérieur du refuge. Grand sourire, le geste tant attendu de la sortir physiquement et lui transmettre « la vie commence » Jaïna va avoir deux ans le 15.07 ; Bon anniversaire ma puce. L’alchimie se fait comme une évidence.
Le même langage avec les bénévole ; espagnol, français, anglais, tout se mélange pour finir par parler la même langue ; Les Galgos pour un même partage !
Que dire de cette petite chienne blanche apeurée et prostrée au milieu de ses congénères. Que dire de ce grand chien de 8 ans dans un état de délabrement mental et physique. Quelles souffrances ont-ils du subir pour qu’à cet âge là il soit dans cet état ! Révoltant.
Le moment du choix des Galgos pour le prochain sauvetage arrive. Quel courage pour choisir certains Galgos plutôt que d’autres……. Leur état mental fera la décision de ce choix délicat.
Logiquement je désire garder Jaïna contre moi et l’emmener déjeuner en ville avant notre départ. Véto absolu des bénévoles qui craignent pour les Galgos du refuge, car promener un Galgos/galga dans les rues est synonyme de provocation aux yeux des Galguéros et de vengeance sur le refuge.
Je prends en pleine figure toute l’ampleur du travail à faire sur les mentalités et du courage exceptionnel de ces bénévoles qui risquent gros sur place. Nous sommes en 2008……….
Les Galgos sont montés dans la remorque, Jaïna reste dans la voiture avec moi. Une « mamie » de 8 ans est du voyage. 8 ans et adoptée, génial !
Un bénévole nous signale que 100 Galgos devraient rejoindre le refuge en octobre/novembre !! 100 Galgos à adopter !! Alors mobilisez vous, écoutez votre cœur mais attention « UN LEVRIER GALGOS SE MERITE »………
Nous reprenons la route pour la France angoissés tant que la « frontière » n’est pas passée.
En chemin un sauvetage d’une petite Galga d’une jeune fille espagnole qui débute son association. Solidarité de Blandine et Charles. La petite Galga rejoint les autres dans la remorque et la jeune femme pleure.
Blandine distribue couvertures et croquettes sous l’œil admiratif de cette bénévole espagnole.
OUF que d’émotions, que de larmes pour ces Galgos. Charles aurait-il raison ?.....
Nouveau départ pour un sauvetage prévu de chiots dans une pension. Malheureusement, les petits et quelques « grands » sont malades et sous antibiotiques… Tristesse de Blandine, réflexion juste de Charles ; ces petites resteront sur place car trop mal en point. Elles ne supporteraient pas le dur trajet jusqu’à la France et risqueraient de contaminer les autres chiens. Pas un mot de plus, la lourdeur dans la voiture, tout le monde se tait…
Nous ramenons tout de même deux chiennes de cette pension dont une avec un œil crevé et jetée dans une benne à ordures!!!
Puis la route, la France, l’arrivée chez Blandine, les chiens à sortir. Les adoptants, certains viennent de Strasbourg, de Lille. Etonnant ces petits jeunes venus de Strasbourg pour cette petite Galga, émouvant.
Et puis tous ces bénévoles qui attendent pour aider à sortir les chiens, à les entourer… Et Blandine qui après deux jours épuisant, reçoit les adoptants, établit les contrats, sourit, rassure, Grande Blandine !
18 GALGOS de sauvés. Certes positivons et continuons !
Voici le dernier « jeu » de massacre des galguéros :
- Pendre par le ventre les mâles galgos en prenant le soin de les attacher à proximité les uns des autres et qui sous la pression de la douleur avant de mourir se jettent les uns sur les autres…….
- Ces cordes pour des crimes avec préméditation pour petits, moyens et grands Galgos.
- Ces tubes enfoncés dans leur gorge pour qu’ils étouffent
- Ce mâle a qui l’ont a tranché le sexe
- Ces truffes de Galgos coupées
Pourquoi cette agonie, pourquoi cette cruauté, pourquoi ce sadisme, pourquoi cette barbarie, pourquoi ce calvaire ?
Nous revenons différents d’un sauvetage. Les Galgos nous donnent la force de nous battre, pour eux.
Jaïna a pris sa place à la maison avec les chats et ma petite mamie. Craintive à l’orée des bois (souvenirs des coups de son galguéro) mais confiante, les yeux pleins d’amour. Nous avançons ensemble : « en avant – calme et droit »
UN JOUR UNE REMORQUE DE FRANCE VIENDRA VOUS CHERCHER ET VOUS SEREZ HEUREUX ET LIBRES CHERS GALGOS/GALGAS
Merci à Blandine et Charles pour ce partage.
Rédigé par Brigitte, adoptante de Rosina, devenue Jaïna.